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« Dans ma méthode de travail, ça m’arrive souvent de penser que je pourrais peut-être ignorer l’histoire, ou que l’histoire même m’ignore, et que je ne laisserais rien derrière moi. Par contre, j’imagine que ça doit être une sensation incroyable de travailler comme Lichtenstein, où la forme, une fois trouvée, passe à travers des images matricielles pour créer quelque chose d’incroyable ! Mais, vous ne trouvez pas que Lichtenstein ressemble un peu à un monstre de la période paléolithique, à un dinosaure ? Eh bien, je pense que ma façon de vivre est la seule possibilité pour moi, c’est-à-dire comment je réalise les choses. » Dokoupil, 1992  

Dokoupil (1954)

Jiri Georg Dokoupil est né en 1954 à Krnov, en Tchéquie. Après l’invasion de l’armée soviétique à Prague en 1968, il fuit avec sa famille son pays natal pour s’installer en Autriche et puis en Allemagne. Il fait ses études à l’Académie des Beaux-Arts à Cologne en 1976. Plus tard, il participe à quelques cours à l’Université de Francfort et au Cooper Union de New York, où il étudie entre autres sous l’enseignement de l’artiste conceptuel allemand Hans Haacke. L’influence de Haacke devient évidente dans les premières œuvres de Dokoupil. De 1983 à 1984, l’artiste est professeur invité à l’Académie des Beaux-Arts de Düsseldorf et, en 1989, celle de Madrid. 

 

En 1979, Dokoupil fonde le groupe Mülheimer Freiheit avec des artistes comme Hans Peter Adamski, Peter Bömmels et Walter Dahn. Le groupe s’est associé au marchand d’art Paul Maenz qui a organisé la première exposition individuelle de Dokoupil en 1982. Partageant un atelier à Cologne, les six Jungen Wilden tentent d’explorer une expression artistique plus contemporaine et moins conventionnelle. En utilisant un style de peinture néo-expressionniste et figuratif, avec des couleurs frappantes qui donnent une image ironique des sujets traditionnels, le groupe artistique réagit contre le langage intellectuel de l’art minimal et  de l’art conceptuel. Mais, déjà à un stage précoce, Dokoupil trouve rapidement sa propre voix subjective et radicale. Avec « sa peinture de livre » présenté au Documenta VII à Cassel en 1982, Dokoupil attire l’attention du monde de l’art. L’œuvre, une grande peinture intitulée Gott zeig mir Deine Eier (Dieux montre-moi tes burettes), était un hommage aux Plate Paintings de Schnabel, qui n’était pas invité à participer à l’exposition. Dokoupil considère cette non-invitation comme une grande offense à l’honneur de l’artiste. Depuis, outre les premières expositions collectives avec la Mülheimer Freiheit, les œuvres de Dokoupil ont fait l’objet de nombreuses expositions solos dans des galeries renommées, des musées importants et d’autres sites culturels du monde entier. 

 

En faisant référence à la thèse soutenue par Marcel Duchamp, Dokoupil voulait éviter d’être limité à un style distinct ou forcé. Il n’a donc jamais développé un style uniforme qui permettrait à l’observateur de reconnaître son travail. Il préfère reprendre différents styles précédents, de les manipuler et d’inventer de nouvelles techniques dans une expérimentation constante. Mais, cela ne veut pas dire que l’artiste ne répète jamais certaines caractéristiques dans ses œuvres. En effet, l’expressivité des couleurs et les allusions à l’érotisme se retrouvent continuellement dans son monde d’images. Il possède aujourd’hui plus de 60 séries d’œuvres incorporant 100 techniques et styles différents. Depuis 1989, il développe sa technique de  « peinture à la  suie » (Russbilder / Soot Paintings), réalisant des images avec de la suie d’une bougie, sur une toile vierge suspendue au plafond. Les peintures à la suie sont regroupées dans différentes sous-séries dévoilant une grande variété de thèmes. Pour ses « peintures de pneus » (Reifenbilder / Tire Paintings) de 1991-1992, il utilise des pneus colorés sur une toile mouillée. Dans ses « peintures de bulles de savon » (Seifenblasenbilder / Soap Bubble Paintings) de 1992-1993, il éclate des bulles de savon sur une toile et mélange le liquide de savon avec de l’encre à couleur. En 2003, Dokoupil crée les « peintures de fouet » (Peitschenbilder / Whip Paintings) en fouettant un fouet de cow-boy recouvert de peinture sur une toile. 

 

Même si une rétrospective de ses œuvres ressemblerait à une exposition collective d’artistes différents, Tinguely ne cherche pas à travers ses plusieurs styles indépendants de communiquer une ironie dans son art . Il se concentre plutôt sur l’exploration de nouvelles techniques dans le but de créer son propre espace d’expérimentation, détaché du milieu des médias. 

 

Dokoupil vit et travaille principalement à Berlin, Madrid, Prague et Rio de Janeiro. 

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